L’action se déroule à M., probablement un village en Ontario. L’histoire est racontée par Paul, un étudiant universitaire. Il passe ses vacances d’été à la ferme, chez un oncle et une tante qui ont adopté une jeune fille qu’ils ont beaucoup gâtée. Elle s’appelle Allemandine (Mandine) et elle est la fille d’un couple d’Allemands morts pendant leur voyage d’émigration au Canada. La jeune fille, très romanesque, rêve d’une vie somptueuse, alors que son père adoptif n’est qu’un petit cultivateur.
Un été, Paul emmène avec lui Jules, un jeune fonctionnaire. C’est le coup de foudre entre Mandine et Jules. Comme l’oncle refuse ce mariage pour des raisons obscures, les amoureux s’enfuient, s’épousent et s’installent à Ottawa. L’oncle leur coupe les vivres. Mandine, toujours mue par ses idées de grandeur, mène rapidement le jeune couple au désastre financier. Elle s’est acoquinée avec une troupe de chanteurs anglophones qui donne des spectacles en Ontario. Mandine trompe son Jules avec un Écossais. Jules boit, se drogue, et finalement se suicide. Elle se retrouve pour ainsi dire dans la rue. Paul qui se sent responsable de tous ses malheurs et qui en a toujours été amoureux sans se l’avouer, la prend sous son aile et la convainc de retourner en bonne fille repentante chez ses parents. Entre-temps, il termine ses études. Six mois plus tard, il va la rejoindre, les deux se déclarent leur amour, au grand plaisir de l’oncle et de la tante qui leur offrent comme cadeau de noces... une maison au village.
Le roman est bien écrit, et plutôt bien édité (peu de fautes), ce qui n’était pas toujours le cas chez Garand. L’histoire est rocambolesque, comme il se doit dans le roman populaire. L’action avance à grands pas, car Mathé ne s’enfarge pas dans les motivations des personnages. Ainsi sont vitement expédiés le suicide de Jules, l’amour soudain de Mandine pour Paul et le changement d’attitude (et de nom) de celle-ci : « J’ai bien réfléchi depuis quelque temps, continua-t-elle après un moment de silence, le chagrin porte à la réflexion!... et je ne veux plus rien garder d’un passé de folie et d’erreur. Je veux n’être maintenant qu’une simple petite Canadienne-française, bien humble et bien soumise. Ce nom d’Allemandine me rappelle trop mes rêves de grandeur et de vanité qui ont fait mon malheur! Il me semble qu’en m’entendant appeler “Colinette”, surtout par toi, je serai plus heureuse, l’avenir me paraîtra plus rose, et le passé désagréable disparaîtra pour toujours !... »
Bien que l’auteur ne le souligne pas à gros traits, une morale digne du roman de la terre se dégage du récit de Mathé : on n’est jamais aussi bien dans sa petite paroisse, loin de la ville corrompue, des Anglophones, des mirages de la « grande vie ». L’auteur nous sert une critique virulente du monde politique et du milieu des fonctionnaires (lire l’extrait). Il évoque aussi l’assimilation à laquelle succombent beaucoup de Canadiens français. L’auteur était musicien et cela est bien intégré dans le roman.
Un été, Paul emmène avec lui Jules, un jeune fonctionnaire. C’est le coup de foudre entre Mandine et Jules. Comme l’oncle refuse ce mariage pour des raisons obscures, les amoureux s’enfuient, s’épousent et s’installent à Ottawa. L’oncle leur coupe les vivres. Mandine, toujours mue par ses idées de grandeur, mène rapidement le jeune couple au désastre financier. Elle s’est acoquinée avec une troupe de chanteurs anglophones qui donne des spectacles en Ontario. Mandine trompe son Jules avec un Écossais. Jules boit, se drogue, et finalement se suicide. Elle se retrouve pour ainsi dire dans la rue. Paul qui se sent responsable de tous ses malheurs et qui en a toujours été amoureux sans se l’avouer, la prend sous son aile et la convainc de retourner en bonne fille repentante chez ses parents. Entre-temps, il termine ses études. Six mois plus tard, il va la rejoindre, les deux se déclarent leur amour, au grand plaisir de l’oncle et de la tante qui leur offrent comme cadeau de noces... une maison au village.
Le roman est bien écrit, et plutôt bien édité (peu de fautes), ce qui n’était pas toujours le cas chez Garand. L’histoire est rocambolesque, comme il se doit dans le roman populaire. L’action avance à grands pas, car Mathé ne s’enfarge pas dans les motivations des personnages. Ainsi sont vitement expédiés le suicide de Jules, l’amour soudain de Mandine pour Paul et le changement d’attitude (et de nom) de celle-ci : « J’ai bien réfléchi depuis quelque temps, continua-t-elle après un moment de silence, le chagrin porte à la réflexion!... et je ne veux plus rien garder d’un passé de folie et d’erreur. Je veux n’être maintenant qu’une simple petite Canadienne-française, bien humble et bien soumise. Ce nom d’Allemandine me rappelle trop mes rêves de grandeur et de vanité qui ont fait mon malheur! Il me semble qu’en m’entendant appeler “Colinette”, surtout par toi, je serai plus heureuse, l’avenir me paraîtra plus rose, et le passé désagréable disparaîtra pour toujours !... »
Bien que l’auteur ne le souligne pas à gros traits, une morale digne du roman de la terre se dégage du récit de Mathé : on n’est jamais aussi bien dans sa petite paroisse, loin de la ville corrompue, des Anglophones, des mirages de la « grande vie ». L’auteur nous sert une critique virulente du monde politique et du milieu des fonctionnaires (lire l’extrait). Il évoque aussi l’assimilation à laquelle succombent beaucoup de Canadiens français. L’auteur était musicien et cela est bien intégré dans le roman.