Ce livre a été relu et corrigé.
Il est parfaitement mis en pages pour une lecture sur liseuse électronique.
Extrait : Je ne voterai pas les crédits que le Gouvernement nous demande pour la glorification de Jean-Jacques Rousseau et je voudrais m’en expliquer brièvement. J’admire autant que personne l’artiste, tout de passion et de sensibilité, le musicien, pourrais-je dire, des Rêveries d’un promeneur solitaire, des Confessions et de la Nouvelle Héloïse. L’homme lui-même, cette vertu pauvre et revêche alliée à cet amour lyrique de la nature et de la solitude, non, je ne ferai pas son procès. Et je ne conteste pas que du point de vue social il n’ait eu son moment d’utilité, de bienfaisance même, quand il apportait, dans une société intellectualisée à l’excès, une riche effusion d’imagination et de sentiments. Je sens toute la vérité de cette phrase que j’ai retenue d’un jeune émigré, du fils du général Custine, guillotiné par la Révolution et qui, lisant un soir dans son exil de Darmstadt ce terrible pamphlet des Liaisons dangereuses, où beaucoup voulaient voir le miroir d’une société corrompue, s’écriait : “ Que je comprends Rousseau et sa sublime haine pour les vices recherchés ! Après la lecture du livre de Laclos, véritable poème épique de certains salons du XVIIIe siècle, on excuse ce qu’a d’excessif l’amour de Rousseau pour la nature ; il fait respirer de l’air pur. ”
Voilà, Messieurs, la part de mon admiration.
Il est parfaitement mis en pages pour une lecture sur liseuse électronique.
Extrait : Je ne voterai pas les crédits que le Gouvernement nous demande pour la glorification de Jean-Jacques Rousseau et je voudrais m’en expliquer brièvement. J’admire autant que personne l’artiste, tout de passion et de sensibilité, le musicien, pourrais-je dire, des Rêveries d’un promeneur solitaire, des Confessions et de la Nouvelle Héloïse. L’homme lui-même, cette vertu pauvre et revêche alliée à cet amour lyrique de la nature et de la solitude, non, je ne ferai pas son procès. Et je ne conteste pas que du point de vue social il n’ait eu son moment d’utilité, de bienfaisance même, quand il apportait, dans une société intellectualisée à l’excès, une riche effusion d’imagination et de sentiments. Je sens toute la vérité de cette phrase que j’ai retenue d’un jeune émigré, du fils du général Custine, guillotiné par la Révolution et qui, lisant un soir dans son exil de Darmstadt ce terrible pamphlet des Liaisons dangereuses, où beaucoup voulaient voir le miroir d’une société corrompue, s’écriait : “ Que je comprends Rousseau et sa sublime haine pour les vices recherchés ! Après la lecture du livre de Laclos, véritable poème épique de certains salons du XVIIIe siècle, on excuse ce qu’a d’excessif l’amour de Rousseau pour la nature ; il fait respirer de l’air pur. ”
Voilà, Messieurs, la part de mon admiration.