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    Les plantes carnivores (French Edition)

    Por Jules-Émile Planchon

    Sobre

    Extrait :

    Ces deux mots, « plantes carnivores, » en apparence inconciliables, ont l’air d’énoncer un gros paradoxe et presqu’une hérésie physiologique : ils impliquent tout au moins une flagrante contradiction aux idées courantes sur la nutrition végétale. Dans ce cycle de migrations de la matière dont le règne inorganique est à la fois le point de départ et le terme d’arrivée (pulvis es et in pulverem reverteris), la plante semble vouée au rôle subalterne de pourvoyeuse de la nourriture des animaux. Elle seule, puisant dans le sol et dans l’air les éléments bruts et le détritus de la vie, en recompose ces productions organiques qui, transformées par les herbivores, vont finalement servir d’aliment aux animaux carnivores. On dirait qu’un ordre fatal entraîne dans ce courant le flux mobile des atomes indestructibles et que le végétal le plus noble, a réduit au régime exclusif des élémens minéraux et des engrais, n’est au fond que le substratum de l’animalité la plus infime.

    Tout cela paraît être l’évidence, même lorsqu’on s’en tient aux notions vulgaires, aux apparences superficielles d’un dualisme absolu, d’un antagonisme de nature entre les animaux et les plantes ; mais le point de vue s’élargit et se rectifie lorsque, pénétrant dans l’intimité des tissus, on voit dans la plante un organisme complexe dont chaque cellule, au moins dans sa période de vitalité la plus active, n’est autre chose que l’enveloppe d’une pulpe animalisée, on dirait presque d’un animal rudimentaire. Le protoplasme, cette gelée contractile qui vit dans la cellule végétale comme un rhizopode dans sa coquille, répond, par sa composition chimique essentiellement azotée, au sarcode dont la masse homogène constitue le corps entier d’animaux inférieurs. Or, si la plante est ainsi peuplée au dedans d’animalcules à l’état d’ébauche, est-il étonnant que, par exception au moins, la nourriture azotée parvienne à ces hôtes intimes par la voie directe de l’absorption épidermique, au lieu de suivre le cours détourné de l’absorption par les racines ? Ne voit-on pas l’embryon végétal, aux premières phases de la germination, absorber ainsi par sa surface les élémens nutritifs de l’albumen qui l’entoure, si bien que, par un ingénieux stratagème, M. Van Tieghem a pu remplacer autour de cet embryon les matières albuminoïdes naturelles par des alimens artificiels de composition analogue ? Au fond, les progrès incessans de l’histoire naturelle générale tendent de plus en plus à combler tout hiatus entre les animaux et les végétaux : partout le parallélisme s’accuse entre ces deux branches du tronc organique ; la fusion même s’établit de l’une à l’autre à leur point commun d’origine, dans ces êtres ambigus dont la substance uniforme, dépourvue de toute organisation apparente, ne manifeste la vitalité que par d’obscures contractions.

    Ces réflexions générales prépareront les esprits à comprendre comment une plante non parasite, sans renoncer à son mode ordinaire de nutrition par le sol et l’atmosphère, peut néanmoins saisir une proie vivante, en dissoudre les élémens azotés au moyen d’un suc acide analogue au suc gastrique, enfin absorber ce produit de digestion pour en faire soit un aliment général de ses tissus, soit peut-être la nourriture spéciale du protoplasme des cellules placées dans le cercle d’action de ces surfaces digestives.

    La théorie de la carnivorité des plantes n’est pas du reste, comme on pourrait le craindre, une élucubration fantaisiste de quelque amateur de nouveautés à sensation. Hasardée en premier lieu par des chercheurs modestes, mais sérieux, MM. Curtis (1834) et Canby (1868), tous deux botanistes américains et par cela même bien placés pour observer sur le vif les plus curieuses d’entre les plantes insectivores, accueillie et confirmée par le professeur Asa Gray, cette doctrine s’appuie aujourd’hui sur l’autorité de maîtres de la science. Un éminent botaniste, le docteur Joseph Dalton Hooker, directeur des jardins de Kew et ...
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