Extrait :
C’était après la défaite de Waterloo. Les Alliés venaient d’envahir la France, poursuivant l’armée en déroute. Le 22 juin, vers midi, un déserteur français arriva dans la ville encore toute en émoi, harassé, couvert de poussière et se disant porteur de graves nouvelles.
On le conduisit en hâte chez M. Benoît Flaupart, qui était maire en ce temps-là.
Une heure après, le prieur public annonçait à la population consternée qu’un corps de deux mille cosaques marchait sur Dinant, pour châtier la ville des secours accordés aux débris des troupes vaincues.
Par la voix du crieur, le maire exhortait la ville au calme et à la résignation.
Ah ! bien oui ! Ce fut une panique effroyable ; et qui lors eût vu hommes, femmes et enfants pleurer et se tordre les mains, crier à haute voix très amèrement, il n’est si dur cœur au monde qui n’en eût eu pitié.
Dinant se souvenait de la vengeance du Charolais, cette page terrible de son histoire : de la ville mise à feu et à sang, pour avoir pris le parti de la France, des bombardiers pendus aux gibets sur la montagne, des huit cents bourgeois attachés deux à deux et précipités dans la Meuse.
Sans doute, les secours portés aux vaincus d’hier constituaient les mêmes griefs ; et pareil châtiment menaçait encore la ville.....
C’était après la défaite de Waterloo. Les Alliés venaient d’envahir la France, poursuivant l’armée en déroute. Le 22 juin, vers midi, un déserteur français arriva dans la ville encore toute en émoi, harassé, couvert de poussière et se disant porteur de graves nouvelles.
On le conduisit en hâte chez M. Benoît Flaupart, qui était maire en ce temps-là.
Une heure après, le prieur public annonçait à la population consternée qu’un corps de deux mille cosaques marchait sur Dinant, pour châtier la ville des secours accordés aux débris des troupes vaincues.
Par la voix du crieur, le maire exhortait la ville au calme et à la résignation.
Ah ! bien oui ! Ce fut une panique effroyable ; et qui lors eût vu hommes, femmes et enfants pleurer et se tordre les mains, crier à haute voix très amèrement, il n’est si dur cœur au monde qui n’en eût eu pitié.
Dinant se souvenait de la vengeance du Charolais, cette page terrible de son histoire : de la ville mise à feu et à sang, pour avoir pris le parti de la France, des bombardiers pendus aux gibets sur la montagne, des huit cents bourgeois attachés deux à deux et précipités dans la Meuse.
Sans doute, les secours portés aux vaincus d’hier constituaient les mêmes griefs ; et pareil châtiment menaçait encore la ville.....