Moi, Trica, sentiente récalcitrante du monde de l’après après, je recopie les livres que je trouve pour offrir à ceux qui viendront après les écritures de l’avant et m'étourdis des pensées des autres en attendant de rejoindre la mer pour m’y perdre. Mon cahier raconte ma rencontre avec Jeremy et les Mac, seigneurs, miliciens et vagabonds, que je ne peux percevoir. Qui vengera mon beau forgeron?
Jour 12045 : Ces jours passés chez la vieille m’aident à récupérer, cette folle pense tout ce qu’elle dit et dit tout ce qu’elle pense. En retournant à la cabane, je vois trois hommes entrer dans la cuisine. Par réflexe, je relève mon capuchon et le tire pour cacher mes yeux…
Jour 12070 : Depuis combien de temps le barbu et le vieux me dévisagent-ils sans bouger depuis l’embrasure? Je déteste être prise par surprise. Ces hommes n’ont aucune pensée. Qu’importe si c’est dans les deux sens, je suis aussi étrangère pour eux qu’ils le sont pour moi. Je déteste les hommes de milord Mac…
Jour 12077 : Invitée au manoir Mac, la vieille est devenue malade de trop de douceurs sucrées sans doute. Je touche son front et suis surprise de le sentir brûlant. Impossible de quitter le manoir Mac. La tête me tourne aussi, je n’ai pourtant mangé ni sucrerie ni champignon. Je tourne la tête et fixe Jeremy. Il fronce les sourcils et jure entre ses dents. Quelle grossièreté! Je sens son souffle sur ma peau. C’est chaud mais frais. Étrangement plaisant. Je ferme les yeux et tend mon visage…
Jour 12088 : Mon cocon de fièvre s’effrite. Dommage, aucune pensée ne pouvait y pénétrer. La vieille a survécue, six du village sont morts. Aucun des hommes de milord Mac n’a été atteint…
41e jour : Elle n’est pas folle, pense Jeremy. C’est lui qui est fou. Parce qu’il la laisse partir. Parce qu’il a peur. Pour une première fois, il a peur…
Jour 12093 : La foudre m’a réveillée. Je découvre Jeremy assis sur un banc près de moi, ne dort-il jamais? Je sors en courant et un mur d’eau s’abat moi. Le pommier est en feu. Le bruit du toit de la cabane qui s’effondre nous fait nous retourner. Terre damnée, mes cahiers et mes livres!...
Jour 12095 : Retour au Manoir. Je contemplais le ciel perché sur le fauteuil quand la porte s’est ouverte. Je ne me retourne pas, quelle importance un geôlier ou un autre. Qu’importe que les Mac me couvent pendant qu’ils traquent l’empoisonneur, je ne veux plus ressentir. Je me suis cachée sous l’édredon pour attendre...
Jour 12131 : Le matin aux chevaux, l’après-zénith à la bibliothèque. Combien de temps dureront les livres? Je croyais finalement avoir compris. Je suis une sentiente. Plusieurs en veulent le pouvoir, sinon pour eux, du moins pour un enfant qu’ils pourraient utiliser mais les Mac n’attendent pas de moi une mère. Comprendrais-je un jour la meute…
Jour 12162 : L’épuisement ou la confiance me font toujours dormir beaucoup. Au manoir, j’aurai vécu les deux. Au ruisseau situé tout près, l’eau vive a effacé toutes mes plaies. Je débuterai un nouveau cahier sur la route. Pour une fois mon costume d’hommes semble convenir à la meute. La citadelle attend.
Jour 12045 : Ces jours passés chez la vieille m’aident à récupérer, cette folle pense tout ce qu’elle dit et dit tout ce qu’elle pense. En retournant à la cabane, je vois trois hommes entrer dans la cuisine. Par réflexe, je relève mon capuchon et le tire pour cacher mes yeux…
Jour 12070 : Depuis combien de temps le barbu et le vieux me dévisagent-ils sans bouger depuis l’embrasure? Je déteste être prise par surprise. Ces hommes n’ont aucune pensée. Qu’importe si c’est dans les deux sens, je suis aussi étrangère pour eux qu’ils le sont pour moi. Je déteste les hommes de milord Mac…
Jour 12077 : Invitée au manoir Mac, la vieille est devenue malade de trop de douceurs sucrées sans doute. Je touche son front et suis surprise de le sentir brûlant. Impossible de quitter le manoir Mac. La tête me tourne aussi, je n’ai pourtant mangé ni sucrerie ni champignon. Je tourne la tête et fixe Jeremy. Il fronce les sourcils et jure entre ses dents. Quelle grossièreté! Je sens son souffle sur ma peau. C’est chaud mais frais. Étrangement plaisant. Je ferme les yeux et tend mon visage…
Jour 12088 : Mon cocon de fièvre s’effrite. Dommage, aucune pensée ne pouvait y pénétrer. La vieille a survécue, six du village sont morts. Aucun des hommes de milord Mac n’a été atteint…
41e jour : Elle n’est pas folle, pense Jeremy. C’est lui qui est fou. Parce qu’il la laisse partir. Parce qu’il a peur. Pour une première fois, il a peur…
Jour 12093 : La foudre m’a réveillée. Je découvre Jeremy assis sur un banc près de moi, ne dort-il jamais? Je sors en courant et un mur d’eau s’abat moi. Le pommier est en feu. Le bruit du toit de la cabane qui s’effondre nous fait nous retourner. Terre damnée, mes cahiers et mes livres!...
Jour 12095 : Retour au Manoir. Je contemplais le ciel perché sur le fauteuil quand la porte s’est ouverte. Je ne me retourne pas, quelle importance un geôlier ou un autre. Qu’importe que les Mac me couvent pendant qu’ils traquent l’empoisonneur, je ne veux plus ressentir. Je me suis cachée sous l’édredon pour attendre...
Jour 12131 : Le matin aux chevaux, l’après-zénith à la bibliothèque. Combien de temps dureront les livres? Je croyais finalement avoir compris. Je suis une sentiente. Plusieurs en veulent le pouvoir, sinon pour eux, du moins pour un enfant qu’ils pourraient utiliser mais les Mac n’attendent pas de moi une mère. Comprendrais-je un jour la meute…
Jour 12162 : L’épuisement ou la confiance me font toujours dormir beaucoup. Au manoir, j’aurai vécu les deux. Au ruisseau situé tout près, l’eau vive a effacé toutes mes plaies. Je débuterai un nouveau cahier sur la route. Pour une fois mon costume d’hommes semble convenir à la meute. La citadelle attend.