Le directeur s’en émut. Le départ, en lui-même, d’un ouvrier était chose toute courante mais dans la forme où elle lui était présentée il y avait un danger réel pour l’usine ; aussi s’empressa-t-il de faire venir Lucien à son cabinet.
Dès qu’il fut arrivé il lui dit :
— C’est vous, Lucien Rondia, qui comptez quitter l’usine pour entrer au service de concurrents au Brésil ?
— Pardon, monsieur le directeur répondit Lucien, je n’ai rien dit de semblable. J’ai tout simplement donné ce matin mes huit jours au chef d’atelier, comme c’était mon droit et mon devoir. Si, après interpellation, j’ai ajouté que je partais à l’étranger ce n’est que parce que j’ai bien voulu le dire. Je dois toutefois ajouter que ce n’est pas pour entrer au service de concurrents mais tout simplement pour convenances personnelles.
— Vous n’allez pas me dire, que vous partez ainsi à l’aventure, sans but ?
— C’est cependant ainsi, répondit Lucien.
— Et si je vous disais que je n’en crois pas un mot ? conclut le directeur agacé par le ton calme de l’ouvrier.
— Je vous répondrais, que vous avez tort répondit celui-ci.
— Tort ou raison, je veux savoir la vérité, cria le directeur en se levant.
— Puisque vous le prenez sur ce ton, je crois inutile de continuer plus longtemps cet entretien ; bonjour, monsieur, fit Lucien en se dirigeant vers la porte.
— Attendez, jeune homme, cria à nouveau le directeur. Vous êtes à mes ordres, je suppose, puisqu’on vous paie.
— Oui monsieur, mais ce que vous n’admettez pas et que je maintiens comme mon droit c’est de disposer de ma personnalité à ma guise.
— Vous êtes tous les mêmes, dit le directeur. On vous paye, on vous instruit, puis vous nous plaquez à la première occasion pour un peu plus d’argent.
— Mais monsieur le directeur, dit Lucien, pourquoi vous entêtez-vous à vouloir que mon départ soit motivé par l’offre d’un concurrent ? C’est me faire une injure gratuite que de croire que je ne sois pas capable d’agir spontanément et à la guise de ma destinée.
Dès qu’il fut arrivé il lui dit :
— C’est vous, Lucien Rondia, qui comptez quitter l’usine pour entrer au service de concurrents au Brésil ?
— Pardon, monsieur le directeur répondit Lucien, je n’ai rien dit de semblable. J’ai tout simplement donné ce matin mes huit jours au chef d’atelier, comme c’était mon droit et mon devoir. Si, après interpellation, j’ai ajouté que je partais à l’étranger ce n’est que parce que j’ai bien voulu le dire. Je dois toutefois ajouter que ce n’est pas pour entrer au service de concurrents mais tout simplement pour convenances personnelles.
— Vous n’allez pas me dire, que vous partez ainsi à l’aventure, sans but ?
— C’est cependant ainsi, répondit Lucien.
— Et si je vous disais que je n’en crois pas un mot ? conclut le directeur agacé par le ton calme de l’ouvrier.
— Je vous répondrais, que vous avez tort répondit celui-ci.
— Tort ou raison, je veux savoir la vérité, cria le directeur en se levant.
— Puisque vous le prenez sur ce ton, je crois inutile de continuer plus longtemps cet entretien ; bonjour, monsieur, fit Lucien en se dirigeant vers la porte.
— Attendez, jeune homme, cria à nouveau le directeur. Vous êtes à mes ordres, je suppose, puisqu’on vous paie.
— Oui monsieur, mais ce que vous n’admettez pas et que je maintiens comme mon droit c’est de disposer de ma personnalité à ma guise.
— Vous êtes tous les mêmes, dit le directeur. On vous paye, on vous instruit, puis vous nous plaquez à la première occasion pour un peu plus d’argent.
— Mais monsieur le directeur, dit Lucien, pourquoi vous entêtez-vous à vouloir que mon départ soit motivé par l’offre d’un concurrent ? C’est me faire une injure gratuite que de croire que je ne sois pas capable d’agir spontanément et à la guise de ma destinée.