Ce livre est un livre vrai. Biribi a été vécu.
Il n’a point été composé avec des lambeaux de souvenirs,
des haillons de documents, les loques pailletées des récits suspects.
Ce n’est pas un habit d’Arlequin, c’est une casaque de for-
çat – sans doublure.
Mon héros l’a endossée, cette casaque, et elle s’est collée à
sa peau. Elle est devenue sa peau même.
J’aurais mieux fait, on me l’a dit, de la jeter – avec art – sur
les épaules en bois d’un mannequin.
Pourquoi ?
Parce que j’aurais pu, ainsi, mettre une sourdine aux cris
rageurs de mes personnages, délayer leur fiel dans de l’eau sucrée,
matelasser les murs du cachot où ils écorchent leurs
poings crispés, idyliser1 leurs fureurs bestiales, servir enfin au
public, au lieu d’un tord-boyau infâme, un mêlé-cassis très
bourgeois, – avec beaucoup de cassis.
J’aurais pu, aussi, parler d’un tas de choses dont je n’ai
point parlé, ne pas dédaigner la partie descriptive, tirer sur le
caoutchouc des sensations possibles, et ne point laisser de côté,
Il n’a point été composé avec des lambeaux de souvenirs,
des haillons de documents, les loques pailletées des récits suspects.
Ce n’est pas un habit d’Arlequin, c’est une casaque de for-
çat – sans doublure.
Mon héros l’a endossée, cette casaque, et elle s’est collée à
sa peau. Elle est devenue sa peau même.
J’aurais mieux fait, on me l’a dit, de la jeter – avec art – sur
les épaules en bois d’un mannequin.
Pourquoi ?
Parce que j’aurais pu, ainsi, mettre une sourdine aux cris
rageurs de mes personnages, délayer leur fiel dans de l’eau sucrée,
matelasser les murs du cachot où ils écorchent leurs
poings crispés, idyliser1 leurs fureurs bestiales, servir enfin au
public, au lieu d’un tord-boyau infâme, un mêlé-cassis très
bourgeois, – avec beaucoup de cassis.
J’aurais pu, aussi, parler d’un tas de choses dont je n’ai
point parlé, ne pas dédaigner la partie descriptive, tirer sur le
caoutchouc des sensations possibles, et ne point laisser de côté,