Il est environ 23 heures, tout est noir et vide sur la place centrale. C’est assez inhabituel à cette heure-ci d’ailleurs. Quelque chose d’étrange se produit, comme un éclair, un craquement puis plus rien, le noir et le silence à nouveau…
« Matthieu !! Matthieu !! allez lève-toi, les enfants vont encore être en retard à l ‘école ! »
Je me réveille en sursaut, quelle heure est-il ? Bordel, 8h50, les gamins ont cours dans 20 minutes. Un frisson me parcourt l’échine … Ai-je rêvé cette nuit ? Il m’a semblé entendre et voir … Non, je délire, c’est le matin, et tout le monde est en retard, ce n’est plus le moment de rêvasser. Pas le temps de me raser, je reviendrai à la maison ensuite. Quel jour on est déjà ? ah oui, vendredi. Parfait ce soir c’est le week-end ; je dis ça, un vieux réflexe, j’ai rien foutu de la semaine alors le week-end a commencé samedi dernier pour moi.
« Jade, Bastien, on se dépêche, je vous attends dans la voiture ! »
Décidément c’est toujours pareil, Anne est en train de finir de préparer leur goûter en avalant son « thé vert préparé aux 33 herbes du Yémen » tout en finissant de se débarbouiller, elle et le petit, son sac sous le bras, et l’autre main qui fourre les casse-croûtes dans les sacs des enfants. Elle m’impressionnera toujours, heureusement qu’elle n’a que deux bras, ça la ralentit un peu. Je la soupçonne de mettre autre chose que de l’herbe dans son thé …
Il y a 12 ans, ce n’était pas du tout comme ça, on traînassait au lit en cherchant toujours une nouvelle excuse pour rester ensemble le plus longtemps possible, on rêvait de voyages, de tours du monde, d’excursions toutes plus trépidantes les unes que les autres. On faisait l’amour passionnément, tout le temps, je lui arrachais des hurlements de plaisir …
« Matt ? tu dors ou quoi, allez allez, faut y aller maintenant ! », sa voix me sort de mes rêveries, je regarde dans le rétro, mes deux enfants sont sagement assis et ceinturés à l’arrière, et font au revoir de la main à leur mère qui a déjà démarré en trombe depuis l’autre coté de la rue. « Bon allons-y les enfants … »
Ma vieille guimbarde démarre difficilement et je m’engage dans les rues de Nantes vers l’école des Alizés, les yeux encore collés, la buée pas encore partie de mon pare-brise, un coup d’avant-bras, on ouvre la vitre histoire de voir à plus de 5 mètres et c’est parti. De toute façon, je pourrais y aller les yeux fermés, je connais même le tempo des feux de signalisations mais en route, je pense encore à cette nuit . Je suis de plus en plus persuadé d’avoir entendu du bruit … un flash de lumière.
« Les enfants, vous n’avez rien entendu ou vu d’étrange cette nuit ? – Comment ça étrange ? me demande Jade. Je ne sais pas ma chérie, comme un craquement et une lumière vive, comme un flash ? Non désolée, je ne me souviens pas. Je ne me suis même pas réveillée cette nuit. »
oui, bon j’entends peut-être des voix après tout ; pourtant quelque chose me dérange ce matin, quelque chose m’interpelle et m’inquiète, mais je n’arrive pas à savoir quoi . je m’arrête devant l’école, tout semble parfaitement normal. Je regarde Jade et mon petit Bastien s’éloigner tranquillement et disparaître dans la cour en me faisant un petit signe de la main.
Bon que faire maintenant ? ah oui me raser, rentrons à la maison. Je fais machinalement demi-tour et tout à mes rêveries, je me retrouve près du bureau de tabac. J’ai pourtant arrêté de fumer, il y a plus de trois ans. Qu’est ce que je fais là ? Pris d’un doute, je descends de voiture et entre dans le petit magasin. « Hey Matthieu, ça fait un bail que je ne t’avais pas vu ici ! Ça me fait énormément plaisir depuis… Bref, t’as repris ou quoi ? tu sais que tu m’as fait du mal en arrêtant de fumer mon vieux !! »
Toujours plein d’humour,« salut Serge, non j’ai pas repris désolé pour toi… » Faut dire que je devais bien lui acheter trois cartouches par semaine.« T’as le journal ? »
« Bien sûr, me répondit-il en me pointant du doigt une pil
« Matthieu !! Matthieu !! allez lève-toi, les enfants vont encore être en retard à l ‘école ! »
Je me réveille en sursaut, quelle heure est-il ? Bordel, 8h50, les gamins ont cours dans 20 minutes. Un frisson me parcourt l’échine … Ai-je rêvé cette nuit ? Il m’a semblé entendre et voir … Non, je délire, c’est le matin, et tout le monde est en retard, ce n’est plus le moment de rêvasser. Pas le temps de me raser, je reviendrai à la maison ensuite. Quel jour on est déjà ? ah oui, vendredi. Parfait ce soir c’est le week-end ; je dis ça, un vieux réflexe, j’ai rien foutu de la semaine alors le week-end a commencé samedi dernier pour moi.
« Jade, Bastien, on se dépêche, je vous attends dans la voiture ! »
Décidément c’est toujours pareil, Anne est en train de finir de préparer leur goûter en avalant son « thé vert préparé aux 33 herbes du Yémen » tout en finissant de se débarbouiller, elle et le petit, son sac sous le bras, et l’autre main qui fourre les casse-croûtes dans les sacs des enfants. Elle m’impressionnera toujours, heureusement qu’elle n’a que deux bras, ça la ralentit un peu. Je la soupçonne de mettre autre chose que de l’herbe dans son thé …
Il y a 12 ans, ce n’était pas du tout comme ça, on traînassait au lit en cherchant toujours une nouvelle excuse pour rester ensemble le plus longtemps possible, on rêvait de voyages, de tours du monde, d’excursions toutes plus trépidantes les unes que les autres. On faisait l’amour passionnément, tout le temps, je lui arrachais des hurlements de plaisir …
« Matt ? tu dors ou quoi, allez allez, faut y aller maintenant ! », sa voix me sort de mes rêveries, je regarde dans le rétro, mes deux enfants sont sagement assis et ceinturés à l’arrière, et font au revoir de la main à leur mère qui a déjà démarré en trombe depuis l’autre coté de la rue. « Bon allons-y les enfants … »
Ma vieille guimbarde démarre difficilement et je m’engage dans les rues de Nantes vers l’école des Alizés, les yeux encore collés, la buée pas encore partie de mon pare-brise, un coup d’avant-bras, on ouvre la vitre histoire de voir à plus de 5 mètres et c’est parti. De toute façon, je pourrais y aller les yeux fermés, je connais même le tempo des feux de signalisations mais en route, je pense encore à cette nuit . Je suis de plus en plus persuadé d’avoir entendu du bruit … un flash de lumière.
« Les enfants, vous n’avez rien entendu ou vu d’étrange cette nuit ? – Comment ça étrange ? me demande Jade. Je ne sais pas ma chérie, comme un craquement et une lumière vive, comme un flash ? Non désolée, je ne me souviens pas. Je ne me suis même pas réveillée cette nuit. »
oui, bon j’entends peut-être des voix après tout ; pourtant quelque chose me dérange ce matin, quelque chose m’interpelle et m’inquiète, mais je n’arrive pas à savoir quoi . je m’arrête devant l’école, tout semble parfaitement normal. Je regarde Jade et mon petit Bastien s’éloigner tranquillement et disparaître dans la cour en me faisant un petit signe de la main.
Bon que faire maintenant ? ah oui me raser, rentrons à la maison. Je fais machinalement demi-tour et tout à mes rêveries, je me retrouve près du bureau de tabac. J’ai pourtant arrêté de fumer, il y a plus de trois ans. Qu’est ce que je fais là ? Pris d’un doute, je descends de voiture et entre dans le petit magasin. « Hey Matthieu, ça fait un bail que je ne t’avais pas vu ici ! Ça me fait énormément plaisir depuis… Bref, t’as repris ou quoi ? tu sais que tu m’as fait du mal en arrêtant de fumer mon vieux !! »
Toujours plein d’humour,« salut Serge, non j’ai pas repris désolé pour toi… » Faut dire que je devais bien lui acheter trois cartouches par semaine.« T’as le journal ? »
« Bien sûr, me répondit-il en me pointant du doigt une pil