cet ouvrage a ete revu et corrige pour une lecture kindle
AVERTISSEMENT
Le titre de cet ouvrage est clair. Cependant, il est nécessaire de dire nettement ce que nous avons voulu, et ce que nous n’avons pas voulu faire ; car, sous ce même titre : « Introduction aux études historiques », des livres très différents ont déjà été publiés.
Nous n’avons pas voulu présenter, comme W. B. Boyce [1], un résumé de l’histoire universelle à l’usage des commençants et des personnes pressées.
Nous n’avons pas voulu enrichir d’un numéro bondante de ce que l’on appelle ordinairement la « Philosophie de l’histoire ». Des penseurs, qui, pour la plupart, ne sont pas historiens de profession, ont fait de l’histoire le sujet de leurs méditations ; ils en ont cherché les « similitudes » et les « lois » ; quelques-uns ont cru découvrir « les lois qui ont présidé an développement de l’humanité », et « constituer » ainsi « l’histoire en science positive » [2]. Ces vastes constructions abstraites inspirent, non seulement au public, mais à des esprits d’élite, une méfiance a priori, qui est invincible : M. Fuslel de Coulanges, dit son dernier biographe, était sévère pour la Philosophie de l’histoire ; il avait pour ces systèmes la même aversion que les positivistes pour les concepts purement métaphysiques. À tort ou à raison (à tort, sans doute), la Philosophie de l’histoire, n’ayant pas été cultivée seulement par des hommes bien informés, prudents, d’intelligence vigoureuse et saine, est déconsidérée. Que ceux qui la redoutent — comme ceux, d'ailleurs, qui s’y intéressent — soient avertis : il n’en sera pas question ici[3].
Nous nous proposons ici d’examiner les conditions et les procédés, et d’indiquer le caractère et les limites de la connaissance en histoire. Comment arrive-t-on à savoir, du passé, ce qu’il est possible et ce qu’il importe d’en savoir ? Qu’est-ce qu’un document ? Comment traiter les documents en vue de l’œuvre historique ? Qu’est-ce que les faits historiques ? Et comment les grouper pour construire l’œuvre historique
AVERTISSEMENT
Le titre de cet ouvrage est clair. Cependant, il est nécessaire de dire nettement ce que nous avons voulu, et ce que nous n’avons pas voulu faire ; car, sous ce même titre : « Introduction aux études historiques », des livres très différents ont déjà été publiés.
Nous n’avons pas voulu présenter, comme W. B. Boyce [1], un résumé de l’histoire universelle à l’usage des commençants et des personnes pressées.
Nous n’avons pas voulu enrichir d’un numéro bondante de ce que l’on appelle ordinairement la « Philosophie de l’histoire ». Des penseurs, qui, pour la plupart, ne sont pas historiens de profession, ont fait de l’histoire le sujet de leurs méditations ; ils en ont cherché les « similitudes » et les « lois » ; quelques-uns ont cru découvrir « les lois qui ont présidé an développement de l’humanité », et « constituer » ainsi « l’histoire en science positive » [2]. Ces vastes constructions abstraites inspirent, non seulement au public, mais à des esprits d’élite, une méfiance a priori, qui est invincible : M. Fuslel de Coulanges, dit son dernier biographe, était sévère pour la Philosophie de l’histoire ; il avait pour ces systèmes la même aversion que les positivistes pour les concepts purement métaphysiques. À tort ou à raison (à tort, sans doute), la Philosophie de l’histoire, n’ayant pas été cultivée seulement par des hommes bien informés, prudents, d’intelligence vigoureuse et saine, est déconsidérée. Que ceux qui la redoutent — comme ceux, d'ailleurs, qui s’y intéressent — soient avertis : il n’en sera pas question ici[3].
Nous nous proposons ici d’examiner les conditions et les procédés, et d’indiquer le caractère et les limites de la connaissance en histoire. Comment arrive-t-on à savoir, du passé, ce qu’il est possible et ce qu’il importe d’en savoir ? Qu’est-ce qu’un document ? Comment traiter les documents en vue de l’œuvre historique ? Qu’est-ce que les faits historiques ? Et comment les grouper pour construire l’œuvre historique