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Extrait : L’autre jour la tendre Justine
Chantait, en courant le gibier,
Les amours du vaillant Ogier,
Qui va combattre en Palestine ;
Par ces mots cent fois répétés,
Elle interrompait sa romance :
« Montez chez moi, messieurs, montez ;
« J’ai des appas, messieurs, tâtez ;
« Venez, nous ferons connaissance.
« J’aurai beaucoup de complaisance,
« Beaucoup, beaucoup de complaisance. »
Par respect pour sa noble dame,
Disait Justine en roucoulant,
De la France Ogier s’exilant,
Au désespoir livre son âme ;
Sa dame par ses cruautés,
Le contraint à fuir sa présence :
« Montez chez moi, etc. »
J’adore, hélas ! ma suzeraine,
S’écrie Ogier, versant des pleurs ;
J’ai fait triompher ses couleurs
Sans la voir sensible à ma peine.
Sous ses yeux chers et redoutés
Mourir était mon espérance…
« Montez chez moi, etc. »
Mais je pars, ô dame chérie !
J’accomplis un ordre inhumain ;
Pour avoir baisé votre main
Vous m’exilez de ma patrie !
De tant de soupirs rejetés
Qu’un soupir soit la récompense…
« Montez chez moi, etc. »
Il s’embarque, et plein de sa flamme
Ogier périt dans l’Orient.
Chaque nuit un spectre effrayant
Vient baiser la main de sa dame.
De vos amants, jeunes beautés,
Ne rebutez pas la constance.
« Montez chez moi, messieurs, montez ;
« J’ai des appas, messieurs, tâtez ;
« Venez, nous ferons connaissance.
« J’aurai beaucoup de complaisance,
« Beaucoup, beaucoup de complaisance. »
LE GRAND MARCHEUR.
Air : Mirliton, mirlitaine.
Je suis un marcheur agile ;
J’ai le pied bon, le corps sain.
À la campagne, à la ville,
Jour et nuit je vais grand train.
Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile,
J’enfile droit mon chemin.
Lorsqu’une fille nubile
Devant moi trotte à dessein,
La poursuivre m’est facile…
Je cours, l’attrape, et soudain,
Leste et gai, j’enfile, etc.
Dans un sentier difficile,
J’avance la canne en main ;
Une pucelle indocile
Voudrait m’écarter en vain ;
Leste et gai, j’enfile, etc.
Qu’un buveur, amant débile,
Marche d’un pas incertain,
Moi, pour plaire à ma Lucile,
Quoique souvent pris de vin,
Leste et gai, j’enfile, etc.
Mon médecin, homme habile,
M’ordonne l’air du matin ;
Que vingt tendrons à la file
Se trouvent dans mon jardin,
Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile,
J’enfile droit mon chemin.
Extrait : L’autre jour la tendre Justine
Chantait, en courant le gibier,
Les amours du vaillant Ogier,
Qui va combattre en Palestine ;
Par ces mots cent fois répétés,
Elle interrompait sa romance :
« Montez chez moi, messieurs, montez ;
« J’ai des appas, messieurs, tâtez ;
« Venez, nous ferons connaissance.
« J’aurai beaucoup de complaisance,
« Beaucoup, beaucoup de complaisance. »
Par respect pour sa noble dame,
Disait Justine en roucoulant,
De la France Ogier s’exilant,
Au désespoir livre son âme ;
Sa dame par ses cruautés,
Le contraint à fuir sa présence :
« Montez chez moi, etc. »
J’adore, hélas ! ma suzeraine,
S’écrie Ogier, versant des pleurs ;
J’ai fait triompher ses couleurs
Sans la voir sensible à ma peine.
Sous ses yeux chers et redoutés
Mourir était mon espérance…
« Montez chez moi, etc. »
Mais je pars, ô dame chérie !
J’accomplis un ordre inhumain ;
Pour avoir baisé votre main
Vous m’exilez de ma patrie !
De tant de soupirs rejetés
Qu’un soupir soit la récompense…
« Montez chez moi, etc. »
Il s’embarque, et plein de sa flamme
Ogier périt dans l’Orient.
Chaque nuit un spectre effrayant
Vient baiser la main de sa dame.
De vos amants, jeunes beautés,
Ne rebutez pas la constance.
« Montez chez moi, messieurs, montez ;
« J’ai des appas, messieurs, tâtez ;
« Venez, nous ferons connaissance.
« J’aurai beaucoup de complaisance,
« Beaucoup, beaucoup de complaisance. »
LE GRAND MARCHEUR.
Air : Mirliton, mirlitaine.
Je suis un marcheur agile ;
J’ai le pied bon, le corps sain.
À la campagne, à la ville,
Jour et nuit je vais grand train.
Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile,
J’enfile droit mon chemin.
Lorsqu’une fille nubile
Devant moi trotte à dessein,
La poursuivre m’est facile…
Je cours, l’attrape, et soudain,
Leste et gai, j’enfile, etc.
Dans un sentier difficile,
J’avance la canne en main ;
Une pucelle indocile
Voudrait m’écarter en vain ;
Leste et gai, j’enfile, etc.
Qu’un buveur, amant débile,
Marche d’un pas incertain,
Moi, pour plaire à ma Lucile,
Quoique souvent pris de vin,
Leste et gai, j’enfile, etc.
Mon médecin, homme habile,
M’ordonne l’air du matin ;
Que vingt tendrons à la file
Se trouvent dans mon jardin,
Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile,
J’enfile droit mon chemin.