Les Malheurs de Sophie est un roman pour enfants écrit par la comtesse de Ségur. Le livre est publié en 1858, chez l'éditeur Hachette avec des illustrations d'Horace Castelli. Il forme une trilogie avec Les Petites Filles modèles et Les Vacances.
L'action se déroule dans un château de la campagne française du Second Empire où Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et qui tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu'elle peine à imiter.
Le succès des Malheurs de Sophie ne s'est jamais démenti jusqu'à aujourd'hui, et le livre a connu de nombreuses rééditions. Il connaît également une large diffusion à l'étranger. Vladimir Nabokov y fait allusion dans son dernier roman, Ada ou l'ardeur (1969), en imaginant Les Sophismes de Sophie d'une certaine « Mlle Stopchin », et Les Malheurs de Swann, dont le titre marie la comtesse de Ségur et Marcel Proust.
En Grande-Bretagne, le roman sert à entraîner des générations de jeunes filles à la traduction du français (les garçons s'exerceront sur L'Histoire d'un conscrit de 1813, d'Erckmann-Chatrian).
Chère enfant, tu me dis souvent : Oh ! grand’mère, que je vous aime ! vous êtes si bonne ! Grand’mère n’a pas toujours été bonne, et il y a bien des enfants qui ont été méchants comme elle et qui se sont corrigés comme elle. Voici des histoires vraies d’une petite fille que grand’mère a beaucoup connue dans son enfance ; elle était colère, elle est devenue douce ; elle était gourmande, elle est devenue sobre ; elle était menteuse, elle est devenue sincère ; elle était voleuse, elle est devenue honnête ; enfin, elle était méchante, elle est devenue bonne. Grand’mère a tâché de faire de même. Faites comme elle, mes chers petits enfants ; cela vous sera facile, à vous qui n’avez pas tous les défauts de Sophie.
Cassez-les, arrachez-les ; vite, ma bonne, que j’aie ma poupée.
La bonne, au lieu de tirer et d’arracher, prit ses ciseaux, coupa les cordons, enleva les papiers, et Sophie put prendre la plus jolie poupée qu’elle eût jamais vue. Les joues étaient roses avec de petites fossettes ; les yeux bleus et brillants ; le cou, la poitrine, les bras en cire, charmants et potelés. La toilette était très simple : une robe de percale festonnée, une ceinture bleue, des bas de coton et des brodequins noirs en peau vernie.
Sophie l’embrassa plus de vingt fois, et, la tenant dans ses bras, elle se mit à sauter et à danser. Son cousin Paul, qui avait cinq ans, et qui était en visite chez Sophie, accourut aux cris de joie qu’elle poussait.
« Paul, regarde quelle jolie poupée m’a envoyée papa ! s’écria Sophie.
Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur1 (selon l'onomastique russe Sofia Fiodorovna Rostopchina, cyrillique : Софья Фёдоровна Ростопчина), née le 1er août 1799 (le 19 juillet du calendrier julien alors en vigueur en Russie2) à Saint-Pétersbourg, morte le 9 février 1874 à Paris, est une femme de lettres française d'origine russe.
L'action se déroule dans un château de la campagne française du Second Empire où Sophie habite avec ses parents M. et Mme de Réan. Curieuse et aventureuse, elle commet bêtise sur bêtise avec la complicité critique de Paul, son cousin, qui est bon et qui tente de lui montrer le droit chemin. Elle a pour amies Camille et Madeleine de Fleurville, des petites filles modèles qu'elle peine à imiter.
Le succès des Malheurs de Sophie ne s'est jamais démenti jusqu'à aujourd'hui, et le livre a connu de nombreuses rééditions. Il connaît également une large diffusion à l'étranger. Vladimir Nabokov y fait allusion dans son dernier roman, Ada ou l'ardeur (1969), en imaginant Les Sophismes de Sophie d'une certaine « Mlle Stopchin », et Les Malheurs de Swann, dont le titre marie la comtesse de Ségur et Marcel Proust.
En Grande-Bretagne, le roman sert à entraîner des générations de jeunes filles à la traduction du français (les garçons s'exerceront sur L'Histoire d'un conscrit de 1813, d'Erckmann-Chatrian).
Chère enfant, tu me dis souvent : Oh ! grand’mère, que je vous aime ! vous êtes si bonne ! Grand’mère n’a pas toujours été bonne, et il y a bien des enfants qui ont été méchants comme elle et qui se sont corrigés comme elle. Voici des histoires vraies d’une petite fille que grand’mère a beaucoup connue dans son enfance ; elle était colère, elle est devenue douce ; elle était gourmande, elle est devenue sobre ; elle était menteuse, elle est devenue sincère ; elle était voleuse, elle est devenue honnête ; enfin, elle était méchante, elle est devenue bonne. Grand’mère a tâché de faire de même. Faites comme elle, mes chers petits enfants ; cela vous sera facile, à vous qui n’avez pas tous les défauts de Sophie.
Cassez-les, arrachez-les ; vite, ma bonne, que j’aie ma poupée.
La bonne, au lieu de tirer et d’arracher, prit ses ciseaux, coupa les cordons, enleva les papiers, et Sophie put prendre la plus jolie poupée qu’elle eût jamais vue. Les joues étaient roses avec de petites fossettes ; les yeux bleus et brillants ; le cou, la poitrine, les bras en cire, charmants et potelés. La toilette était très simple : une robe de percale festonnée, une ceinture bleue, des bas de coton et des brodequins noirs en peau vernie.
Sophie l’embrassa plus de vingt fois, et, la tenant dans ses bras, elle se mit à sauter et à danser. Son cousin Paul, qui avait cinq ans, et qui était en visite chez Sophie, accourut aux cris de joie qu’elle poussait.
« Paul, regarde quelle jolie poupée m’a envoyée papa ! s’écria Sophie.
Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur1 (selon l'onomastique russe Sofia Fiodorovna Rostopchina, cyrillique : Софья Фёдоровна Ростопчина), née le 1er août 1799 (le 19 juillet du calendrier julien alors en vigueur en Russie2) à Saint-Pétersbourg, morte le 9 février 1874 à Paris, est une femme de lettres française d'origine russe.