La France compte, dans l'histoire de ses origines, deux grands
siècles, le XIIe et le XIIIe. C'est l'époque des croisades, de
l'affranchissement des communes, l'âge d'or de la scolastique. Par
sa langue et ses entreprises politiques, par son Université de
Paris, par sa littérature et les ouvrages de ses artistes, notre
pays eut alors sur tout l'Occident et parfois même sur l'Orient la
primauté intellectuelle. Le français de Villehardouin fut longtemps
parlé à Athènes, à Sparte et dans l'Archipel. L'Europe lisait nos
poèmes chevaleresques et s'égayait de nos fabliaux. L'esprit humain
s'était réveillé chez nous et grâce à nous: la Renaissance semblait
commencer. Je dois rappeler d'abord quels furent, en France, les
premiers signes de cette révolution, la plus grande que l'histoire
ait vue depuis le christianisme; j'essaierai d'expliquer pourquoi
il n'a pas été donné à nos pères de l'accomplir jusqu'à la fin. On
comprendra mieux pourquoi l'Italie a pu reprendre et achever l'œuvre
interrompue de la civilisation, et rallumer la lampe sacrée qui
s'était éteinte entre nos mains.
siècles, le XIIe et le XIIIe. C'est l'époque des croisades, de
l'affranchissement des communes, l'âge d'or de la scolastique. Par
sa langue et ses entreprises politiques, par son Université de
Paris, par sa littérature et les ouvrages de ses artistes, notre
pays eut alors sur tout l'Occident et parfois même sur l'Orient la
primauté intellectuelle. Le français de Villehardouin fut longtemps
parlé à Athènes, à Sparte et dans l'Archipel. L'Europe lisait nos
poèmes chevaleresques et s'égayait de nos fabliaux. L'esprit humain
s'était réveillé chez nous et grâce à nous: la Renaissance semblait
commencer. Je dois rappeler d'abord quels furent, en France, les
premiers signes de cette révolution, la plus grande que l'histoire
ait vue depuis le christianisme; j'essaierai d'expliquer pourquoi
il n'a pas été donné à nos pères de l'accomplir jusqu'à la fin. On
comprendra mieux pourquoi l'Italie a pu reprendre et achever l'œuvre
interrompue de la civilisation, et rallumer la lampe sacrée qui
s'était éteinte entre nos mains.