Ce livre est parfaitement mis en page pour une lecture sur Kindle.
Extrait :
Ce moment est grave pour l’Italie, les paroles prononcées à Turin, à Londres et à Paris ne sont pas tombées à terre sans retentir dans le grand vide de l’existence politique des Italiens, et le vide est sonore. La diplomatie, qui a jeté le brandon, paraît vouloir l’éteindre ; mais on ne peut ressaisir le trait qu’on a lancé. Un proverbe arabe dit : « Le mot que je n’ai pas articulé est mon esclave, celui que j’ai prononcé est mon maître. » En de telles circonstances, il n’est pas inutile d’entretenir les Italiens de leur histoire. Le passé n’est point le présent sans doute, mais il y a toujours du passé dans le présent, et l’Italie est encore, à beaucoup d’égards, plus qu’elle ne le croit peut-être elle-même, ce qu’elle a été ; il est important qu’elle le sache, pour éviter dans l’avenir les malheurs qui remplissent ses annales. L’Italie a eu deux grands malheurs, elle a été divisée et envahie. Un double danger la menacera toujours, le morcellement à l’intérieur, et au dehors l’influence de l’étranger, qui amène sa domination. C’est contre ce double péril qu’elle doit être mise en garde par son histoire. Elle peut y lire aussi à chaque page un autre avertissement, et celui-ci est donné par les annales de tous les peuples qui ont cessé d’êtres libres : c’est que la démocratie, si elle ne sait se contenir et se gouverner, prépare le chemin à la tyrannie. De là résulte pour l’Italie la nécessité de se contempler dans son passé. Les publications historiques ont donc pour elle aujourd’hui un autre intérêt que celui de la curiosité, une autre importance que celle de l’érudition.
Extrait :
Ce moment est grave pour l’Italie, les paroles prononcées à Turin, à Londres et à Paris ne sont pas tombées à terre sans retentir dans le grand vide de l’existence politique des Italiens, et le vide est sonore. La diplomatie, qui a jeté le brandon, paraît vouloir l’éteindre ; mais on ne peut ressaisir le trait qu’on a lancé. Un proverbe arabe dit : « Le mot que je n’ai pas articulé est mon esclave, celui que j’ai prononcé est mon maître. » En de telles circonstances, il n’est pas inutile d’entretenir les Italiens de leur histoire. Le passé n’est point le présent sans doute, mais il y a toujours du passé dans le présent, et l’Italie est encore, à beaucoup d’égards, plus qu’elle ne le croit peut-être elle-même, ce qu’elle a été ; il est important qu’elle le sache, pour éviter dans l’avenir les malheurs qui remplissent ses annales. L’Italie a eu deux grands malheurs, elle a été divisée et envahie. Un double danger la menacera toujours, le morcellement à l’intérieur, et au dehors l’influence de l’étranger, qui amène sa domination. C’est contre ce double péril qu’elle doit être mise en garde par son histoire. Elle peut y lire aussi à chaque page un autre avertissement, et celui-ci est donné par les annales de tous les peuples qui ont cessé d’êtres libres : c’est que la démocratie, si elle ne sait se contenir et se gouverner, prépare le chemin à la tyrannie. De là résulte pour l’Italie la nécessité de se contempler dans son passé. Les publications historiques ont donc pour elle aujourd’hui un autre intérêt que celui de la curiosité, une autre importance que celle de l’érudition.