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    Maurice (French Edition)

    Por Eugène Scribe

    Sobre

    Lorsqu’on gravit les sommités de la rue Saint-Jacques et qu’on est arrivé à pied jusqu’à la place Cambrai (je dis à pied, car les fiacres s’élèvent rarement à cette hauteur), on s’arrête d’ordinaire, ne fût-ce que pour reprendre haleine, et inspiré par l’air du pays latin, air épais, scientifique et imprégné de citations, on est tenté de s’écrier :

    Hic tandem stetimus nobis ubi defuit orbis ?

    Que si cependant le voyageur essoufflé ne perd pas courage et se dirige à l’est, vers l’endroit où la place Cambrai va toujours en se rétrécissant ; qu’il laisse à sa gauche la rue des Sept-Voies, rue obscure et boueuse, où les balayeurs et le gaz n’ont pas encore pénétré ; qu’il gravisse intrépidement la rue Charretière, espèce d’escalier sans rampe et à pic, il arrivera, après quelques minutes d’ascension, en face d’un vieux portique que je n’ai jamais pu voir sans émotion : c’est l’entrée du collège de Sainte-Barbe, état constitutionnel placé entre deux gouvernements absolus, Henri IV et Louis-le-Grand[1], borné au nord par la rue de Reims, et au midi par les bâtiments de Montaigu et la rue Jean-Hubert. Jean-Hubert ! ce nom fut celui d’un bon curé de Saint-Jean-de-Latran, qui, dans le mois de mai 1430, fonda en la ville de Paris, au haut de la montagne Sainte-Geneviève, un collège qu’il mit sous le nom et la protection de Sainte-Barbe, patronne de sa mère ; collège bientôt célèbre, et qui, pour soutenir sa gloire, ne s’est pas contenté, comme tant d’illustres maisons, de sa haute antiquité et de ses quatre cents ans de noblesse. Il a conservé intacte d’âge en âge la haute réputation de ses études et de sa discipline classique.
    Nos pères nous ont raconté ses succès universitaires et ses longues rivalités avec Montaigu, son voisin, guerres ardentes et passionnées, que les rhétoriciens d’alors comparaient à celles de Rome et de Carthage. – Il paraît que Montaigu fut Carthage, car il a disparu depuis longtemps, et Sainte-Barbe est encore debout, plus florissante que jamais.
    En 93 seulement, ses portes furent fermées, ses classes désertes, ses chaires silencieuses ; l’ortie et le chardon osèrent pousser sur cette terre savante, jusque-là cultivée par les muses ; mais celles-ci ne furent pas longtemps exilées : le premier collège qui se rouvrit en France fut encore celui de Sainte-Barbe, comme si la lumière devait toujours venir de là ; non pas qu’elle fût éteinte, mais elle était, comme disaient nos pères, cachée sous le boisseau. Il s’agissait de le soulever, ce qui n’était pas sans danger, car il y en avait alors à vouloir éclairer les gens. Victor Delanneau eut ce courage, et fut, après Jean Hubert, le fondateur de Sainte-Barbe. Cette antique maison fut rouverte par lui en 1798, sous le nom de Collège des sciences et des arts. À la même époque, s’ouvraient les écoles centrales et le Prytanée, remplacés depuis par les lycées de l’Empire.
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