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    OEUVRES D’EMMANUEL DES ESSARTS: LES VOYAGES DE L’ESPRIT – PARIS NOUVEAU (French Edition)

    Por emmanuel des essarts

    Sobre

    LES VOYAGES DE L’ESPRIT -

    Je ne sais quelle folle ambition m’est venue d’inaugurer ces essais de critique familière par une sorte de polémique avec un adversaire tel que vous. Reprendre un sujet marqué de votre ineffaçable empreinte, le ramener devant le public en manière d’appel et ne le quitter que sur des conclusions divergentes, c’est vraiment de l’imprudence, et toute imprudence doit entraîner un châtiment. Que j’aie à pûtir de mon entreprise, je n’en doute point ; mais je ne crois pas avoir à la regretter. Une question d’art a été soulevée par vous dans la plus récente de vos études et résolue peut-être par une décision exclusive. Permettez-moi, — vous qui êtes un maître, — ce genre de contradiction qui passa toujours pour un hommage. Socrate n’encourageait-il pas les répliques de Cébès, loin de s’offenser chez un disciple d’une humeur belliqueuse excitée par un impérieux amour de la vérité ? C’est d’une passion semblable que naissent tout ensemble et mon audace et mon excuse ; j’ai cru la vérité en péril, et pour elle j’ai fait ce qu’avait entrepris pour Carthage la mystique Salammbô : j’ai osé toucher à votre étude magistrale comme au voile sacré de Tanit. Curiosité qui, pour paraître profane et sacrilége, n’en reste pas moins pieuse dans la forme et dans l’intention salutaire !
    De votre étude sur Rossini se dégage une affirmation étrange et propre à porter le trouble dans plus d’une conscience littéraire. C’est une idée toute platonicienne, uniquement faite pour les âges antiques, où le cœur de l’homme était moins vaste, mais plus apaisé, et son intelligence moins profonde, mais plus équilibrée ; où l’art se haussait rarement à l’Expression, mais atteignait sans effort, et comme par un droit, à l’impérissable Beauté. Platon reconnaissait le poëte à des caractères extérieurs ; ainsi, avec une tournure d’esprit et un langage dignes de votre devancier, vous réservez le titre d’homme de génie à ceux qui vous paraissent de la race des dieux. A cette race n’appartiendraient, selon vous, que ces élus de l’inspiration qui, certains de leur privilége, ont exclu de leur vie le rôle du travail et l’action de la volonté.
    Rien de surprenant a ce qu’une telle doctrine se produisît en Grèce, après les plus éblouissantes merveilles de l’Inspiration. La Volonté, néanmoins, allait y répondre en suscitant Euripide, et plus tard Ménandre et Théocrite.
    PARIS NOUVEAU -Le soleil expirant posait une couronne
    Sur cet Arc triomphal où là gloire fleuronne,
    Et semblait réunir, dans un suprême adieu,
    Le poëme de l’homme au poëme de Dieu.
    Un vieillard, franchissant la porte militaire,
    S’arrêta : sa figure était sereine, austère ;
    Étranger, il portait l’habit oriental.
    Étranger ! l’était-il ? — Dans le pays natal
    Comme un banni qui rentre après la longue absence,
    Il fit entendre un cri plein de reconnaissance
    Et d’amour… Mais soudain, demeurant ébloui,
    Tel que le vieil Hébreu sur le mont Sinaï,
    En voyant devant lui la ville étincelante,
    Il soupira, puis il reprit sa marche lente,
    Écoutant, embrassant d’un regard curieux
    Le magique tableau déroulé sous ses yeux :
    Tout un panorama dans les Champs-Élysées ;
    Les jets d’eau l’enivrant de leurs fraîches rosées ;
    Les arbres où chantaient les brises de l’été ;
    Les hôtels qu’embellit le caprice sculpté ;
    Ce palais qu’a rempli de merveilleux trophées
    L’Industrie, aujourd’hui la dernière des fée,
    Que les Arts constellaient de chefs-d’œuvre éclatants,
    Où la pensée humaine étalait son printemps,
    Et qui réalisait, dans sa grande harmonie,
    Le caravansérail rêvé par le génie ;
    L’obélisque géant, témoin égyptien,
    Qui songe que ce monde est meilleur que le sien
    Et parut s’agiter, pyramide animée,
    Pour saluer vos fronts, ô vainqueurs de Crimée !

    Le vieillard regardait… Des rayons amoindris
    Tombaient du ciel obscur et triste ; — mais Paris
    Resplendissait, montrant, à l’horizon plus sombre,
    Un océan de feux et quelques îles d’ombre,
    Le jour sans le soleil…
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