Au début du vingtième-siècle, dans un Roubaix en plein essor, Ritoudi un fils de marchand de tissu en gros, vit heureux entouré d’une femme dévouée et de deux petites filles, Germaine et Berthe. Rien n’abime jamais l’enthousiasme de cet homme, « l’amusette » de la famille et des amis. Toujours invité à partager un bon mot, une bonne blague. Toujours présent aux fêtes, baptêmes et autres mariages pour « mettre l’ambiance, sacré Ritoudi !».
Le monde aime ce Ritoudi là. Le monde rit avec ce Ritoudi là. Malheureusement, le destin veille. Début août 1914, Ritoudi part à la guerre, plutôt confiant.
De la guerre, seul celui qu’on n’appelait jamais Gaston Delerue, revient. Une simple enveloppe de chair et de sang. Pas Ritoudi. Pas l’homme. Ritoudi, « Rit toujours » a bel et bien disparu et personne ne l’a jamais revu…
Le nouveau, ce Gaston, ne parle pas, ne rie pas… semble enfermé loin très loin, dans un endroit dont lui seul détient les clés et où il ne laisse personne pénétrer…
Et puis la seconde guerre pointe le bout de son sale museau. Et puis Gaston Delerue ne le supporte pas. Pas cette ignoble. Pas encore. Le 5 septembre 1939, 3 jours après l’ordre de mobilisation générale, Il se fait sauter le caisson dans un grand tourbillon de sang bouillonnant.
Les années passent comme elles peuvent après ce genre de drame ; un jour, on ne peut pas dire un beau jour, en rangeant les affaires d’une mère trop tôt disparue, sa fille Berthe, tombe sur un cahier que l’homme, ce Ritoudi, a écrit juste avant la seconde guerre mondiale, juste avant son arrêt définitif … Avant la seconde tourmente, celle qu’au fond, il n’avait pas connue.
Sous les yeux ébahis de Berthe se dessine un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Pas le taiseux revenu de la première guerre mondiale. Pas le père qui restait des heures les yeux dans le vague et caressait inlassablement de sa main calleuse et rêche, la table usée de la cuisine. Un autre. Un inconnu.
Des décennies plus tard, à l’aube de ses cent un ans, Berthe entame une conversation passionnée et exacerbée entre elle et son père. Une conversation en sens unique où elle essaie de deviner les réponses de son père, de les trouver entre les lignes. Ou elle décortique le moindre mot, le moindre point, la moindre hésitation. Trouver une réponse, une explication à ce départ précipité juste après cette logorrhée écrite. Comprendre avant de mourir. Berthe veut partir en paix avec ce père à qui elle n’a jamais pardonné, ni le mutisme pendant son enfance, ni le suicide alors qu’elle n’était qu’une toute jeune mariée, enceinte de son premier enfant, de surcroît. Une conversation à sens unique qui bouleverse son auteur mais peu à peu entraîne toute la famille dans un règlement de comptes auquel elle ne s’attendait pas.
La seconde partie offre un rebondissement inattendu et entraîne le lecteur à lever le voile d’un pan de la vie de Ritoudi et à devenir par là son complice et celui de l’arrière petite fille de Berthe, Marie.
« A l’aube de tes cinquante ans tu la vois revenir l’hideuse, toi qui hier es revenu mort de la der des der. Celle dont on ne revient pas. Celle qui ne devait plus jamais enfanter.
A près de cinquante ans, il est question que tes jeunes contemporains prennent les armes pour défendre un pays auquel tu ne crois plus. Qu’ils se vautrent dans la boue dont la seule vue suffit encore 20 ans plus tard, à te lever le cœur et qu’ils voient le sang gicler jusqu’au dernier souffle de leurs nuits.
Alors tu cries, tu t’épuises et tu te tais. Un calme définitif.
Et dans ma tête ça fait plus de bruit que tous les obus de toutes les guerres mondiales.
Ritoudi, est mort le 5 septembre 1939, 3 jours après la mobilisation générale, d’une balle bien sentie dans le sommet du crâne. La balle de son fusil de chasse. Une balle entre les deux yeux, même avec le sursaut de la déflagration, ça ne pardonne pas. Ritoudi, elle n’est pas drôle ta dernière blague. Elle ne vaut pas deux balles.»
Le monde aime ce Ritoudi là. Le monde rit avec ce Ritoudi là. Malheureusement, le destin veille. Début août 1914, Ritoudi part à la guerre, plutôt confiant.
De la guerre, seul celui qu’on n’appelait jamais Gaston Delerue, revient. Une simple enveloppe de chair et de sang. Pas Ritoudi. Pas l’homme. Ritoudi, « Rit toujours » a bel et bien disparu et personne ne l’a jamais revu…
Le nouveau, ce Gaston, ne parle pas, ne rie pas… semble enfermé loin très loin, dans un endroit dont lui seul détient les clés et où il ne laisse personne pénétrer…
Et puis la seconde guerre pointe le bout de son sale museau. Et puis Gaston Delerue ne le supporte pas. Pas cette ignoble. Pas encore. Le 5 septembre 1939, 3 jours après l’ordre de mobilisation générale, Il se fait sauter le caisson dans un grand tourbillon de sang bouillonnant.
Les années passent comme elles peuvent après ce genre de drame ; un jour, on ne peut pas dire un beau jour, en rangeant les affaires d’une mère trop tôt disparue, sa fille Berthe, tombe sur un cahier que l’homme, ce Ritoudi, a écrit juste avant la seconde guerre mondiale, juste avant son arrêt définitif … Avant la seconde tourmente, celle qu’au fond, il n’avait pas connue.
Sous les yeux ébahis de Berthe se dessine un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Pas le taiseux revenu de la première guerre mondiale. Pas le père qui restait des heures les yeux dans le vague et caressait inlassablement de sa main calleuse et rêche, la table usée de la cuisine. Un autre. Un inconnu.
Des décennies plus tard, à l’aube de ses cent un ans, Berthe entame une conversation passionnée et exacerbée entre elle et son père. Une conversation en sens unique où elle essaie de deviner les réponses de son père, de les trouver entre les lignes. Ou elle décortique le moindre mot, le moindre point, la moindre hésitation. Trouver une réponse, une explication à ce départ précipité juste après cette logorrhée écrite. Comprendre avant de mourir. Berthe veut partir en paix avec ce père à qui elle n’a jamais pardonné, ni le mutisme pendant son enfance, ni le suicide alors qu’elle n’était qu’une toute jeune mariée, enceinte de son premier enfant, de surcroît. Une conversation à sens unique qui bouleverse son auteur mais peu à peu entraîne toute la famille dans un règlement de comptes auquel elle ne s’attendait pas.
La seconde partie offre un rebondissement inattendu et entraîne le lecteur à lever le voile d’un pan de la vie de Ritoudi et à devenir par là son complice et celui de l’arrière petite fille de Berthe, Marie.
« A l’aube de tes cinquante ans tu la vois revenir l’hideuse, toi qui hier es revenu mort de la der des der. Celle dont on ne revient pas. Celle qui ne devait plus jamais enfanter.
A près de cinquante ans, il est question que tes jeunes contemporains prennent les armes pour défendre un pays auquel tu ne crois plus. Qu’ils se vautrent dans la boue dont la seule vue suffit encore 20 ans plus tard, à te lever le cœur et qu’ils voient le sang gicler jusqu’au dernier souffle de leurs nuits.
Alors tu cries, tu t’épuises et tu te tais. Un calme définitif.
Et dans ma tête ça fait plus de bruit que tous les obus de toutes les guerres mondiales.
Ritoudi, est mort le 5 septembre 1939, 3 jours après la mobilisation générale, d’une balle bien sentie dans le sommet du crâne. La balle de son fusil de chasse. Une balle entre les deux yeux, même avec le sursaut de la déflagration, ça ne pardonne pas. Ritoudi, elle n’est pas drôle ta dernière blague. Elle ne vaut pas deux balles.»