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    signes de l’esprit nouveau dans le Parlement (French Edition)

    Por Edouard Alletz

    Sobre

    Ce qu’on appelle l’esprit d’une époque n’est qu’une certaine harmonie entre les lois, les coutumes et l’opinion. Être de son temps, c’est apercevoir cet ensemble et y conformer son jugement et sa conduite. Mais après les révolutions qui changent les lois à leur source, cette chaîne se rompt  ; la politique courante est détournée de son lit  ; les mœurs contredisent les lois, et la nouvelle constitution d’État a un sens caché, comme un oracle dont peu d’initiés ont le secret. Alors tout un peuple ne se retrouve qu’à peine dans ses propres institutions  : on dirait un essaim de colons sur un rivage habité avant d’être connu. Le malheur est que, dans un tel pays, les hommes qui manient les affaires sont d’un âge trop mûr pour changer de maximes  : aussi une nation placée en de pareilles conjonctures éprouvera-t-elle un funeste malaise jusqu’à ce que la chose publique tombe aux mains des hommes qui, lors de la dernière révolution, étaient assez jeunes pour n’avoir rien eu à oublier. Du reste, il est certains politiques qui ont le tort d’aimer assez le passé pour être plus vieux que leur âge. Ils s’entêteront pour des choses mortes qui leur paraissent subsister encore parce qu’elles leur plaisent. Une tradition de famille, une étude favorite ou glorieuse, une pente d’esprit ou de passion suffisent pour donner à leurs souvenirs la fraîcheur et l’énergie de la réalité. Qu’on mette le pouvoir entre leurs mains, ils copieront une politique qu’ils admirent, joueront le personnage d’un grand homme qui n’est plus, et exhumeront, pour les vivants, des lois qu’avaient emportées les morts.
    C’est ce que nous voyons en France, où les idées impérialistes dérobent à certaines intelligences la fuite du temps. Personne ne respecte plus que moi ces nobles débris de l’Empire qui, restes illustres de cent victoires, ont le droit de dire  :
    «  ……Quorum pars magna fui.  »

    Pour ceux-là, l’ivresse du souvenir est l’état naturel  : ils ont bu la gloire. J’honore aussi les administrateurs distingués qui ont servi dans un temps où l’activité des fonctionnaires avait pour image et exemple le vol de l’aigle. Rien de plus légitime que leur enthousiasme pour une époque où ils ont rendu à leur pays de si importants services. Mais on ne saurait trop déplorer l’aveuglement de ces napoléoniens de fraîche date, qui tout désintéressés dans la gloire de l’Empire, veulent rendre la vie à ce qui n’est plus que de l’histoire, et toujours hors d’eux-mêmes, comme au son du clairon, s’essaient ridiculement à franchir à reculons l’intervalle des événements et des années. Ah  ! lorsqu’ils voient le manteau de la France, neuf d’un côté, vieux de l’autre, ici des institutions nouvelles, là une administration et des habitudes d’une autre époque, s’ils avaient le sens de l’avenir, ils souffleraient l’harmonie entre nos libertés constitutionnelles et tous les ressorts du gouvernement  ; mais ils manquent de ce que j’appelle l’esprit nouveau.
    Appliquons-nous à chercher et à marquer les signes auxquels cet esprit se fera reconnaître.
    La seule ressemblance qu’il y ait entre les institutions actuelles et celles de l’Empire, c’est qu’elles ont eu également pour point de départ une révolution, et pour fondement l’élection libre  ; mais la monarchie n’est plus absolue  ; l’administration, inhabile à garder son ancienne centralisation, cède une juste part d’action aux libertés communales et départementales  ; les lois sont aujourd’hui l’ouvrage des trois grands pouvoirs de l’État, et le fruit d’une discussion libre et publique  ; l’autorité exécutive est soumise à toutes les règles que lui impose le gouvernement constitutionnel  ; il ne s’agit plus de reconstituer une noblesse privilégiée, ni de développer l’esprit militaire  ; l’égalité est en honneur, mais assise à côté de la liberté. La presse et la censure ne se connaissent plus  ; la liberté de l’enseignement est écrite dans la Charte  ; les rapports commerciaux de la France avec les autres peuples précipitent le système
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