(Songeuse, Katya s’est enfoncée dans les bois. Et, malheureusement, dans la sylve, elle ne parvient plus à se remémorer la direction à prendre…)
"Quelle était la nécessité actuelle ? S’orienter. Certainement. Même si le camp n’était pas l’endroit rêvé – elle n’y recevrait pas l’accueil réservé aux princesses étant donné sa liaison dévoilée avec Marc – il était également le seul lieu qu’elle connaissait.
Il ne lui restait que deux possibilités. Le soleil, et la mousse sur les arbres.
« Sauf que j’ignore totalement où se trouve le camp. En plein Sud, ou au Nord-Ouest, songea Katya, dévastée. On devait justement apprendre à se repérer aujourd’hui… Bravo Katya… »
Avec peine, elle dut exclure l’idée de revenir au camp. Et à cela, son sang bouillonna dans ses membres. Une peur irrépressible, celle d’être seule, face au danger. Car seule, elle l’était. Personne ne soupçonnerait sa présence en ces lieux.
La pulsion fiévreuse gagnait sa gorge, élançait ses cuisses, ses bras. Seule. Amanda, Véronique, Cyndi, Pauline, Perrine, Jennie, Mélodie, les gamines ridicules… Marc. Les moniteurs. Fabrice, Jason, Éric, Mathieu, Simon… Ils s’étaient tous envolés dans le néant.
L’idée du sanglier la tyrannisait. Elle se répétait qu’ils sommeillaient, la journée, cela ajoutait de la pression sur ses épaules.
Elle empoigna son bâton, se releva, et dévala la forêt. Courir, courir, sans jamais s’arrêter.
Ses jambes filaient à toute vitesse, l’entrainant au détour des sorbiers, et des bouleaux.
Les fleurs embaumaient, mais Katya saisissait tout juste leurs effluves volatiles, elle partait déjà.
Les lamiers coloraient les environs, les campanules, les ronces fleuries de blanc et de rose, les canons des plantains…
Les grives musiciennes accentuaient sa lutte folle. Elle avait l’impression d’avoir toujours été ainsi, sans soutien, sans importance pour qui que ce soit. Désormais, Marc aussi, ne se préoccuperait plus d’elle.
Elle courut plus rapidement encore, paniquée, le cœur furieux dans sa poitrine. Les troncs se rapprochaient, s’écartaient indifféremment, et elle, plus elle s’enfonçait, moins elle parvenait à réfléchir.
Ses angoisses s’envolaient, seule la trépidation de son muscle cardiaque crépitait dans ses oreilles. Ne jamais s’arrêter.
Elle ne perdait pas haleine, elle fusait encore plus vivement, prompte, enjambant les troncs renversés, les souches agonisantes… Les chuchotis dans les broussailles affermissaient la témérité de sa course.
Les papillons s’éloignaient à son approche, mais Katya n’en tenait pas compte. La brûlure dans sa gorge croissait, et une migraine latente se manifestait.
Les ronces s’enroulaient autour de ses mollets, perçant sa peau, et elle ne ralentissait pas, malgré l’estafilade qui persistait sur sa peau de velours. Des abeilles, des guêpes, bourdonnaient autour de quelques simples, des chardons riches, Katya passait outre…
Elle retrouvait la paix dénichée lors de l’ascension de la colline. Aussi, elle déboulait encore plus précipitamment, inhalant avec peine.
Elle oubliait presque qu’elle était perdue, et isolée, elle agrippait de brèves visions clairsemées d’arbres, de plantes luxuriantes qui s’épanouissaient…
Katya en reconnaissait plusieurs, redécouvrait certaines plantes comestibles, mais son estomac comprimé n’en avait cure. Elle avait oublié.
Lorsqu’elle ralentit, elle conserva cet état d’esprit. Et puis, brusquement, elle ne put retenir les larmes. Les pleurs qui incendièrent ses grands yeux azur, et qui parcouraient ses pommettes.
Car, dans la trouée d’un feuillage, elle avait aperçu le déclin du jour. La voûte céleste qui se teintait d’un mauve sublime, et elle, abandonnée là.
Alors, tombant à genoux, succombant à la frayeur de voir bientôt les bois hantés par ce qu’elle craignait, elle s’effondra en larmes, les jambes raides, le souffle coupé."
Suite de Six Semaines pour Te Conquérir.
Convient à un public adulte.
"Quelle était la nécessité actuelle ? S’orienter. Certainement. Même si le camp n’était pas l’endroit rêvé – elle n’y recevrait pas l’accueil réservé aux princesses étant donné sa liaison dévoilée avec Marc – il était également le seul lieu qu’elle connaissait.
Il ne lui restait que deux possibilités. Le soleil, et la mousse sur les arbres.
« Sauf que j’ignore totalement où se trouve le camp. En plein Sud, ou au Nord-Ouest, songea Katya, dévastée. On devait justement apprendre à se repérer aujourd’hui… Bravo Katya… »
Avec peine, elle dut exclure l’idée de revenir au camp. Et à cela, son sang bouillonna dans ses membres. Une peur irrépressible, celle d’être seule, face au danger. Car seule, elle l’était. Personne ne soupçonnerait sa présence en ces lieux.
La pulsion fiévreuse gagnait sa gorge, élançait ses cuisses, ses bras. Seule. Amanda, Véronique, Cyndi, Pauline, Perrine, Jennie, Mélodie, les gamines ridicules… Marc. Les moniteurs. Fabrice, Jason, Éric, Mathieu, Simon… Ils s’étaient tous envolés dans le néant.
L’idée du sanglier la tyrannisait. Elle se répétait qu’ils sommeillaient, la journée, cela ajoutait de la pression sur ses épaules.
Elle empoigna son bâton, se releva, et dévala la forêt. Courir, courir, sans jamais s’arrêter.
Ses jambes filaient à toute vitesse, l’entrainant au détour des sorbiers, et des bouleaux.
Les fleurs embaumaient, mais Katya saisissait tout juste leurs effluves volatiles, elle partait déjà.
Les lamiers coloraient les environs, les campanules, les ronces fleuries de blanc et de rose, les canons des plantains…
Les grives musiciennes accentuaient sa lutte folle. Elle avait l’impression d’avoir toujours été ainsi, sans soutien, sans importance pour qui que ce soit. Désormais, Marc aussi, ne se préoccuperait plus d’elle.
Elle courut plus rapidement encore, paniquée, le cœur furieux dans sa poitrine. Les troncs se rapprochaient, s’écartaient indifféremment, et elle, plus elle s’enfonçait, moins elle parvenait à réfléchir.
Ses angoisses s’envolaient, seule la trépidation de son muscle cardiaque crépitait dans ses oreilles. Ne jamais s’arrêter.
Elle ne perdait pas haleine, elle fusait encore plus vivement, prompte, enjambant les troncs renversés, les souches agonisantes… Les chuchotis dans les broussailles affermissaient la témérité de sa course.
Les papillons s’éloignaient à son approche, mais Katya n’en tenait pas compte. La brûlure dans sa gorge croissait, et une migraine latente se manifestait.
Les ronces s’enroulaient autour de ses mollets, perçant sa peau, et elle ne ralentissait pas, malgré l’estafilade qui persistait sur sa peau de velours. Des abeilles, des guêpes, bourdonnaient autour de quelques simples, des chardons riches, Katya passait outre…
Elle retrouvait la paix dénichée lors de l’ascension de la colline. Aussi, elle déboulait encore plus précipitamment, inhalant avec peine.
Elle oubliait presque qu’elle était perdue, et isolée, elle agrippait de brèves visions clairsemées d’arbres, de plantes luxuriantes qui s’épanouissaient…
Katya en reconnaissait plusieurs, redécouvrait certaines plantes comestibles, mais son estomac comprimé n’en avait cure. Elle avait oublié.
Lorsqu’elle ralentit, elle conserva cet état d’esprit. Et puis, brusquement, elle ne put retenir les larmes. Les pleurs qui incendièrent ses grands yeux azur, et qui parcouraient ses pommettes.
Car, dans la trouée d’un feuillage, elle avait aperçu le déclin du jour. La voûte céleste qui se teintait d’un mauve sublime, et elle, abandonnée là.
Alors, tombant à genoux, succombant à la frayeur de voir bientôt les bois hantés par ce qu’elle craignait, elle s’effondra en larmes, les jambes raides, le souffle coupé."
Suite de Six Semaines pour Te Conquérir.
Convient à un public adulte.